textes du recueil JUBILATOIRE fin
22082008ATELIER du 23/11/2007
1- le matériel à construire.
Écriture spontanée.
Se laisser entraîner par la dynamique.
Lâcher son écriture.
Courte phrase incipit… Écrire en réaction le plus rapidement,
Sens avec le dernier mot…
Constituer un stock, 15 à 20 minutes.
2- relire sélectionner construire.
Tu sélectionnes dans tes textes bruts ce que tu estimes utilisable.
Et tu l’organises sur une feuille.
Sélection selon des règles diverses. Un passage sans modification.
Choisir de 5 à 10 expressions les assembler librement.
Même chose mais lire le texte à l’envers.
Construire sa règle de construction.
Pourtant, quelque chose s’est cassée
un peu comme mon tibia.
Petit frère m’en fabriquera un nouveau.
Il s’est bien inventé un ami.
Fer n’en pleut, continue comme ça, fessée enjouée.
La perceuse de la vie a troué ma planche.
Personnellement, je préfère les seringues.
Dommage qu’il ait plus d’affinités avec le cassoulet.
Des flatulences, c’est embêtant.
As-tu déjà vu ton cœur ?
Oui
Hawaï et Nagasaki
« Ferme ton livre pauvre insolent, ou je te cahiète la tête !
continue et je t’enferme dans ma trousse avec le grand crayon !
Erwan
Je prends mon bocal,
passe la main dedans
et y retrouve mes idées perdues.
Je regarde mon esprit s’agiter.
Rémi
Je jette mon évangile aux vents
devant.
L’oiseau d’avant. Je ne sais plus
quelqu’un
qui ne se donne pas
la main
il faut lâcher
de plus en plus loin
derrière moi
il était mon oiseau
quelqu’un
mon demain
mon chemin
derrière moi
je jette la plume aussi
Véronique
Je choisis
Et Vlan
J’ai trouvé !
Trouvé quoi ? Je ne sais…je cherche…réfléchis…
BAM
C’est fini, je n’ai plus d’idée
Je laisse couler,
Couler l’eau qui découle de la source, source de savoir, de beauté
Beauté du mot, immensité de la joie,
Joie de vivre, de parler, d’enfin pouvoir s’exprimer
Exprimer tout, ne plus cacher
Cacher les images, les souvenirs
Revenir à la source, au mot qui jaillit de la bouche du diaphragme
Fragmentée, éparpillé, courir, voler
Poussière d’étoile, tu cherches…
Je trouve enfin
J’ai le rhume, j’étouffe.
Je me retourne brusquement.
J’aurais du m’en douter. C’était toi.
Retour à la source, au mot qui jaillit de la bouche du diaphragme.
Tu cherches, vaincu.
Je trouve enfin.
Ah ! Tu croyais que je t’écouterais ?
Tu as pris ma rage en pleine gueule, ma rancœur accumulée, fragmentée.
Silence.
Quelque chose.
Je n’ai plus peur.
Et Vlan, sourire !
Couler l’eau, vaincu.
Tu veilles toujours. Je ne suis plus seule.
En pleine gueule la réalité.
Camille
ATELIER du 16/11/2007
visite de l’expo. Écrire une ou deux phrases par élément de l’expo 10 photos.
Écrire un premier texte. Avec le reste écrire un second texte.
Prendre des mots dans les deux textes et écrire un troisième texte.
La misère est à la fenêtre
Lointaine
Distante
Seule avec sa solitude
le tendresse pose sa main
Une chaleur se dégage
De cette paroi glacée.
Alors un cortège noir s’éparpille
Dans un tourbillon de couleur
La musique nous envahit
Les notes filent sur le papier
La paroi disparaît
Le fa et le sol
Main dans la main
se transforment petit à petit
En chemin sans but
En route sans raison
envoie valser les contraintes
Les collines chantent
le liberté
A notre tour de rêver
Cécile
Les ombres de la vie se reflètent sur le sable, vestige de ce que la mer n’a pas englouti.
La mer n’a pas d’ombre.
La mécanique a supplanté le désert aujourd’hui, elle m’a mangé la main.
Qui conduisait, mon double ne se rappelle pas, mais je suis sûr que ça manquait de chat.
C’était évident, il n’y a plus de chemin, ils sont sur les routes.
Pour les apercevoir, on ferait mieux de regarder le sol, de toutes manières,
le ciel me menace.
L’asphalte, nouvelle ligne de vie ?
Si vous êtes dans le désert glacé, suivez les lignes à haute tension, la vie est au bout.
La mécanique a avancé aussi vite que la mécanique, mais elle s’accroche.
Les musiciens, c’est une autre histoire.
En fait,
la longueur va plus vite que la route
la mienne est perdue
ce n’est pas d’avoir cherché, ni celle de personne
Je cherche toujours, mais le métal reste loin. Ma main n’arrive pas à l’atteindre
Faut-il tout arrêter, aller toujours, il n’y a pas d’électricité ?
L’enclave des agonies ne m’accepte pas.
Aurais-je tout raté ?
Erwan
Le visage du néant
Un train solitaire s’enfuit au loin.
Impasse des mots qui ont disparu,
Que tu as effacés de ton silence.
Dans le désert les ombres s’allongent.
Se confondent,
Et la nuit les engloutit.
La vague me recouvre déjà,
Je n’arrive plus à respirer,
Je me noie.
Mes lèvres sont violettes,
Mon regard est figé dans le néant.
Pourquoi me regardent-ils ?
Je suis morte depuis longtemps,
Même si mon esprit erre encore et encore
Dans des lieux abandonnés,
Ces ruines du passé.
Je vois ton regard qui cherche.
Pauvre fou.
Avancer dans le temps et dans l’espace,
Ce n’est pas s’approcher de soi-même.
Mais n’oublie pas d’écrire,
Il faut des mots
Pour alimenter nos rêves.
Astrid
Un enfant pieds nus fixe un train, vite vite il doit faire vite pour le contempler,
il roule roule, roule…et très rapidement il n’est plus. Il ne reste de lui
qu’un mouton de fumée, une âpre fumée noire. Mais qu’à cela ne tienne,
pour le gosse, c’est le train qui fabrique les nuages. Ces mêmes orages
qui changent de couleurs au fur et à mesure des caprices du soleil.
Joli embouteillage des couleurs là haut. Ils volent et survolent les villes,
les routes qui naissent et meurent à mesure que l’on a besoin ou non d’elles.
Au point de vue d’un orage, c’est un vrai chef d’orchestre, il déverse
ses notes humides qui sonnent lorsqu’elles arrivent sur terre
de leur inexorable chute. Cette mélodie, assez répétitive cela dit,
s’infiltre partout et ce compositeur nuageux en est très fier
car qu’on l’aime ou non, tout le monde la connaît.
Erwan
Trois petites oies
sur une voie très étroite
l’une boîte
l’autre casse des noix
de son bec adéquat
la troisième
bat de la crème
et dit
nous n’irons plus aux bois
le chemin est coupé
le moulin que voilà
saura nous arrêter
vinaigrette et coquelet
allumette et pot au lait
ouais
tousse tousse
poumon gris
Véronique
Contre le vent la colline ne cache pas
la main glacée du froid
sur la courbe du chemin
chacun s’échappe à se perdre
ligne droite couchée
rien ne cache le ciel
lentement progresse sur les berges
d’une mer aux reflets de sable
rien n’arrête le vent
il dessine les nuages qu’il veut
sur les routes cabossées du présent
mon regard où plus rien ne ressemble
à l’extérieur d’une vitre
qui avale la vie
un sourire désapprend la différence
Philippe
où se cachent les maisons
dans le désert sous la poussière
je cours vers l’horizon
nuage gris et bruits du matin
silhouettes noires et j’avance lentement
enfant accrocheé aux fils
le ciel bavarde et raconte
toujours la même histoire
où es-tu ?
je respire la buée collée
à l’extérieur
une main posée sur mon regard
rien n’existe tout est petit
je vois l’œil s’éloigner
je vais
mon regard suit
un voie ferrée
la dune qui avance
je ne sais pas chanter
Philippe
ATELIER du 09/11/2007
Premier groupe.
Texte à trous remplir le plus possible.
Lire un extrait que je choisis…
Recopier sur un calque.
Écrire un texte avec cela.
Lire.
Deuxième groupe
« Les dix mots de la francophonie ».
Écrire un texte avec les dix mots.
En choisir un.
Pôle idéel matériel.
La feuille tourne.
On écrit un texte avec ces mots.
Les pierres éparpillées
attendaient la main
sur les gravats
ils avaient tué bien sûr
pour rien
pour voir fleurir les larmes
sur ma langue
rien, plus rien d’humain
nous avons vécu dans cette maison
d’un amour sans nom
savoir se lisait
dans la nuit explosive
mais le ciel c’est tu
nos maux méritent-ils leurs ombres ?
que les mots ne meurent pas
pour qu’hier ait existé.
Véronique
pour ne pas oisir, ne pas noiser, ne pas moisir
en compagnie (où certainement c’est pire)
tentons l’apprivois pavoisant
rivoisons ensemble roisissons-nous
déprisons nos voix
éprises de poésie
la voix du pire apprisons-là !
Soir de Paris au grand pavois
pour nous
pour oser
povres sivres !
et caresses les oiseux livres
voisés à voise
et tranquillement
défoisons sauvage
et donnons
aux petits Princes de quoi poésir.
Véronique
Apprivoiser l’oiseau sauvage de ce que je ne suis pas encore
J’en perds le nord et ma boussole
Serait-ce jubilatoire ?
J’ai faim d’aventures flûte de flûte
Moi je ne laisse pas les palabres
Et la passerelle est magnifique en automne
Pouet pouet est peut-être un rhizome
Mais qu’est ce que c’est un rhizome ?
Moi quand je m’attable c’est à table, et toc
Astrid
Je me promène un peu rêveuse
Le temps et la vague se creusent
….les enfants jouent toujours
Où ça ? Je n’ai jamais su.
Je me suis voulue autre
Je grave des nuages blancs,
Pâle est la lune d’hier soir.
Le charme de l’instant,
Où oser ne faisait pas peur,
Goût enivrant,
Je sens ton parfum,
Mes mains dans les tiennes.
Et ton visage
Se glisse dans mes rêves
Je devine cette soif
Qui se dessine malgré elle.
Ce monde est trop petit
De temps en temps je me cache
D’autres horizons s’ouvrent à moi.
J’ai faim d’aventures et de soleil brûlant,
Demain existe,
Et les mots m’énervent.
Astrid
Une petite bulle, blop !
je bois tout mon saoul
je perds la boule et la boussole !
Ohé Loulou qu’est ce que tu boussoles ?
Sais-tu que dans les sous-sols se trouve la solution ?
Ca t’ossoule un coin, hein ? Petit explorateur du dimanche !
Une petite bulle, blop !
Je perds le Nord, et la folie m’aiguille vers le Sud
Ohé Loulou envole-toi, ne reste point frivole. File tous azimuts !
Pars à la découverte ! la découverte de quoi ?
Mais du lobe pardi, euh! du globe !
Je perds la boule et la boussole !
Si tu as compris le message, je te guiderai, j’ai
un bateau hein Loulou ? Espèce de vieux loup de mer !
Une petite bulle, blop ! Je perds la boule et la boussole
Adeline
Le tact
Qu’est ce que le tact ?
Savoir se taire quand on a envie de dire une grosse connerie
Toi
Toi est un mot qui se conjugue à tous les temps
Qui est entier, complet et toujours
Toi, c’est l’autre qui me ressemble
Tout en étant différent et tellement riche !
Toi, c’est surtout aujourd’hui et demain,
C’est un poème qui ne peut pas s’achever
Et ton visage !
Ton visage c’est l’aurore de demain
Ou le crépuscule du soir, ça dépend
Astrid
ATELIER du 19/10/2007
Inventaire du quotidien.
Trajet de ma porte au lycée.
Lecture de texte inventaire : Leslie Caplan, Georges Perec
Jacques Prévert. Consignes : c’est une suite d’endroits où on attend :
bus, bord de passage clouté, fenêtre, feu rouge, suite d’endroits
où on attend brièvement, quelques secondes, qui se répètent tous les jours,
il suffit de penser à ce qui revient régulièrement dans le quotidien au fil des jours.
Le retour à la ligne sera la seule ponctuation.
Aide à l’écriture. Feuille A3 divisée en neuf cases, un mot :
un arrêt par case, puis dans un réservoir d’images.
(Découpe d’images reproductions du catalogue du Louvre),
on pioche une image, on associe mot et image par une phrase.
Écrire un texte avec ces phrases, lire son texte.
Espérer
Espérer que demain s’approche, sans qu’hier s’éloigne.
Espérer que même murée dans le doute, je te distingue encore.
Je crois encore que nous n’avons pas épuisé toutes les richesses
Du hasard de cette rencontre, dont le charme m’émeut encore.
Oui encore, encore faudrait-il qu’ondule malgré moi
Ce vers que j’écris qui m’invite à croire, encore,
Qu’hier n’est pas effacé, qu’hier n’est pas oublié.
Oublier qu’immobile je n’ai su que faire, que dire.
Dire tout ce que je regrette, et tout ce qui me manque.
Un souvenir, léger, m’emporte quelquefois dans ce lieu familier
Qui renferme tant de choses qui m’ont touchée.
Toucher l’instant qui s’ouvre à moi avant qu’il ne se referme.
Refermer ce poème sur toi,
Trouver les mots qui te correspondraient.
Je ne sais pas.
Je n’ai jamais su.
Ce poème reste inachevé,
Et quelque chose en moi demeure creux,
S’approche du vide
Astrid
Mandarine
Dans le sirocco du chocolat
des épluchures, coupées à la serpe
auraient aimé regarder Walt Disney.
C’est alors que ma manière de les connaître
se mit non pas à les accepter, mais à les mépriser.
Non, loin de là.
Une orange avec un tablier
appelle son mari pour colmater ses fuites
Tout le temps qu’il s’en s’occupa son cil
se détacha se ses yeux
Rencontre !
Erwan
Ma main remonte prend le temps
se lève
il faut sortir prendre l’écart
et d’une chaleur sucrée sur ta peau
dire à tout à l’heure le temps qu’il fait sur ma main
avant de sortir à la rencontre
d’un écart entre chaleur et sucré
je me lève
si prêt que je sais l’ombre du visage
ta présence vient de l’écart sucré
en souvenir d’une attitude
d’un appui sur l’épaule droite
si près que je sens l’ombre de ton visage
le temps s’étourdit d’attendre
l’instant à vivre
je jetterai le dé et je saurai
comment faire avec l’absence
Philippe
Melliflu
J’écris notre histoire à l’encre étoilée. Je livre à ce parchemin
ailé mon âme clarteuse. Sa transparence est troublée
par ce souvenir amer d’une rencontre inachevée.
Ce souvenir fugace livré à ma plume a un goût brûlant d’éternité.
Ce langage aveugle, inventé au jour le jour, me parle, nous parle.
Mais il est inutile … Je pense, je suis, j’écris.
Et je jette un dernier regard aveugle en arrière,
vers ce qui est à venir.
La lumière de cette histoire se concrétise : elle est le trouble de mon imagination.
Coralie
Recueil réalisé par les élèves de l’atelier
d’écriture du lycée Lapicque
année 2007/2008
chaque vendredi de 16 à 18
Un grand merci à Madame Bosio
qui assure chaque année
la duplication du recueil
Contacts lycée
Véronique Bart : verobart@tele2.fr
Animateur d’atelier
Philippe Vallet : philippe.vallet@libertysurf .fr
JUBILATOIRE
Je prends mon bocal,
passe la main dedans
et y retrouve mes idées perdues.
Je regarde mon esprit s’agiter.
Rémi
Recueil des textes
Atelier d’écriture
Lycée Lapicque 2007/
Catégories : recueil d'atelier