textes du recueil JUBILATOIRE fin

22082008

ATELIER du 23/11/2007

1- le matériel à construire.
Écriture spontanée.
Se laisser entraîner par la dynamique.
Lâcher son écriture.
Courte phrase incipit… Écrire en réaction le plus rapidement,
Sens avec le dernier mot…
Constituer un stock, 15 à 20 minutes.
2- relire sélectionner construire.
Tu sélectionnes dans tes textes bruts ce que tu estimes utilisable.
Et tu l’organises sur une feuille.
Sélection selon des règles diverses. Un passage sans modification.
Choisir de 5 à 10 expressions les assembler librement.
Même chose mais lire le texte à l’envers.
Construire sa règle de construction.

Pourtant, quelque chose s’est cassée
un peu comme mon tibia.
Petit frère m’en fabriquera un nouveau.
Il s’est bien inventé un ami.
Fer n’en pleut, continue comme ça, fessée enjouée.
La perceuse de la vie a troué ma planche.
Personnellement, je préfère les seringues.
Dommage qu’il ait plus d’affinités avec le cassoulet.
Des flatulences, c’est embêtant.
As-tu déjà vu ton cœur ?
Oui

Hawaï et Nagasaki
« Ferme ton livre pauvre insolent, ou je te cahiète la tête !
continue et je t’enferme dans ma trousse avec le grand crayon !

Erwan

Je prends mon bocal,
passe la main dedans
et y retrouve mes idées perdues.
Je regarde mon esprit s’agiter.

Rémi

Je jette mon évangile aux vents
devant.
L’oiseau d’avant. Je ne sais plus
quelqu’un
qui ne se donne pas
la main
il faut lâcher
de plus en plus loin
derrière moi
il était mon oiseau
quelqu’un
mon demain
mon chemin
derrière moi
je jette la plume aussi

Véronique

Je choisis
Et Vlan
J’ai trouvé !
Trouvé quoi ? Je ne sais…je cherche…réfléchis…
BAM
C’est fini, je n’ai plus d’idée
Je laisse couler,
Couler l’eau qui découle de la source, source de savoir, de beauté
Beauté du mot, immensité de la joie,
Joie de vivre, de parler, d’enfin pouvoir s’exprimer

Exprimer tout, ne plus cacher
Cacher les images, les souvenirs
Revenir à la source, au mot qui jaillit de la bouche du diaphragme
Fragmentée, éparpillé, courir, voler
Poussière d’étoile, tu cherches…
Je trouve enfin

J’ai le rhume, j’étouffe.
Je me retourne brusquement.
J’aurais du m’en douter. C’était toi.
Retour à la source, au mot qui jaillit de la bouche du diaphragme.
Tu cherches, vaincu.
Je trouve enfin.
Ah ! Tu croyais que je t’écouterais ?
Tu as pris ma rage en pleine gueule, ma rancœur accumulée, fragmentée.
Silence.
Quelque chose.
Je n’ai plus peur.
Et Vlan, sourire !
Couler l’eau, vaincu.
Tu veilles toujours. Je ne suis plus seule.
En pleine gueule la réalité.

Camille

ATELIER du 16/11/2007

visite de l’expo. Écrire une ou deux phrases par élément de l’expo 10 photos.
Écrire un premier texte. Avec le reste écrire un second texte.
Prendre des mots dans les deux textes et écrire un troisième texte.

La misère est à la fenêtre
Lointaine
Distante
Seule avec sa solitude
le tendresse pose sa main
Une chaleur se dégage
De cette paroi glacée.
Alors un cortège noir s’éparpille
Dans un tourbillon de couleur
La musique nous envahit

Les notes filent sur le papier
La paroi disparaît
Le fa et le sol
Main dans la main
se transforment petit à petit
En chemin sans but
En route sans raison
envoie valser les contraintes
Les collines chantent
le liberté
A notre tour de rêver

Cécile

Les ombres de la vie se reflètent sur le sable, vestige de ce que la mer n’a pas englouti.
La mer n’a pas d’ombre.
La mécanique a supplanté le désert aujourd’hui, elle m’a mangé la main.
Qui conduisait, mon double ne se rappelle pas, mais je suis sûr que ça manquait de chat.
C’était évident, il n’y a plus de chemin, ils sont sur les routes.
Pour les apercevoir, on ferait mieux de regarder le sol, de toutes manières,
le ciel me menace.

L’asphalte, nouvelle ligne de vie ?
Si vous êtes dans le désert glacé, suivez les lignes à haute tension, la vie est au bout.
La mécanique a avancé aussi vite que la mécanique, mais elle s’accroche.
Les musiciens, c’est une autre histoire.
En fait,
la longueur va plus vite que la route

la mienne est perdue
ce n’est pas d’avoir cherché, ni celle de personne
Je cherche toujours, mais le métal reste loin. Ma main n’arrive pas à l’atteindre
Faut-il tout arrêter, aller toujours, il n’y a pas d’électricité ?
L’enclave des agonies ne m’accepte pas.
Aurais-je tout raté ?
Erwan

Le visage du néant

Un train solitaire s’enfuit au loin.

Impasse des mots qui ont disparu,
Que tu as effacés de ton silence.

Dans le désert les ombres s’allongent.
Se confondent,
Et la nuit les engloutit.

La vague me recouvre déjà,
Je n’arrive plus à respirer,
Je me noie.
Mes lèvres sont violettes,
Mon regard est figé dans le néant.

Pourquoi me regardent-ils ?

Je suis morte depuis longtemps,
Même si mon esprit erre encore et encore
Dans des lieux abandonnés,
Ces ruines du passé.

Je vois ton regard qui cherche.
Pauvre fou.
Avancer dans le temps et dans l’espace,
Ce n’est pas s’approcher de soi-même.

Mais n’oublie pas d’écrire,
Il faut des mots
Pour alimenter nos rêves.

Astrid
Un enfant pieds nus fixe un train, vite vite il doit faire vite pour le contempler,
il roule roule, roule…et très rapidement il n’est plus. Il ne reste de lui
qu’un mouton de fumée, une âpre fumée noire. Mais qu’à cela ne tienne,
pour le gosse, c’est le train qui fabrique les nuages. Ces mêmes orages
qui changent de couleurs au fur et à mesure des caprices du soleil.
Joli embouteillage des couleurs là haut. Ils volent et survolent les villes,
les routes qui naissent et meurent à mesure que l’on a besoin ou non d’elles.
Au point de vue d’un orage, c’est un vrai chef d’orchestre, il déverse
ses notes humides qui sonnent lorsqu’elles arrivent sur terre
de leur inexorable chute. Cette mélodie, assez répétitive cela dit,
s’infiltre partout et ce compositeur nuageux en est très fier
car qu’on l’aime ou non, tout le monde la connaît.

Erwan

Trois petites oies
sur une voie très étroite
l’une boîte
l’autre casse des noix
de son bec adéquat
la troisième
bat de la crème
et dit
nous n’irons plus aux bois
le chemin est coupé
le moulin que voilà
saura nous arrêter
vinaigrette et coquelet
allumette et pot au lait
ouais
tousse tousse
poumon gris

Véronique

Contre le vent la colline ne cache pas
la main glacée du froid
sur la courbe du chemin
chacun s’échappe à se perdre
ligne droite couchée
rien ne cache le ciel
lentement progresse sur les berges
d’une mer aux reflets de sable
rien n’arrête le vent
il dessine les nuages qu’il veut
sur les routes cabossées du présent
mon regard où plus rien ne ressemble
à l’extérieur d’une vitre
qui avale la vie
un sourire désapprend la différence

Philippe

où se cachent les maisons
dans le désert sous la poussière
je cours vers l’horizon
nuage gris et bruits du matin

silhouettes noires et j’avance lentement
enfant accrocheé aux fils
le ciel bavarde et raconte
toujours la même histoire
où es-tu ?
je respire la buée collée
à l’extérieur
une main posée sur mon regard
rien n’existe tout est petit
je vois l’œil s’éloigner
je vais
mon regard suit
un voie ferrée
la dune qui avance
je ne sais pas chanter

Philippe

ATELIER du 09/11/2007

Premier groupe.
Texte à trous remplir le plus possible.
Lire un extrait que je choisis…
Recopier sur un calque.
Écrire un texte avec cela.
Lire.

Deuxième groupe
« Les dix mots de la francophonie ».
Écrire un texte avec les dix mots.
En choisir un.
Pôle idéel matériel.
La feuille tourne.
On écrit un texte avec ces mots.

Les pierres éparpillées
attendaient la main
sur les gravats
ils avaient tué bien sûr
pour rien
pour voir fleurir les larmes
sur ma langue
rien, plus rien d’humain
nous avons vécu dans cette maison
d’un amour sans nom
savoir se lisait
dans la nuit explosive
mais le ciel c’est tu
nos maux méritent-ils leurs ombres ?
que les mots ne meurent pas
pour qu’hier ait existé.

Véronique

pour ne pas oisir, ne pas noiser, ne pas moisir
en compagnie (où certainement c’est pire)
tentons l’apprivois pavoisant
rivoisons ensemble roisissons-nous
déprisons nos voix
éprises de poésie
la voix du pire apprisons-là !
Soir de Paris au grand pavois
pour nous
pour oser
povres sivres !
et caresses les oiseux livres
voisés à voise
et tranquillement
défoisons sauvage
et donnons
aux petits Princes de quoi poésir.

Véronique

Apprivoiser l’oiseau sauvage de ce que je ne suis pas encore
J’en perds le nord et ma boussole
Serait-ce jubilatoire ?
J’ai faim d’aventures flûte de flûte

Moi je ne laisse pas les palabres
Et la passerelle est magnifique en automne
Pouet pouet est peut-être un rhizome
Mais qu’est ce que c’est un rhizome ?

Moi quand je m’attable c’est à table, et toc

Astrid

Je me promène un peu rêveuse
Le temps et la vague se creusent
….les enfants jouent toujours
Où ça ? Je n’ai jamais su.

Je me suis voulue autre
Je grave des nuages blancs,
Pâle est la lune d’hier soir.

Le charme de l’instant,
Où oser ne faisait pas peur,
Goût enivrant,
Je sens ton parfum,
Mes mains dans les tiennes.

Et ton visage
Se glisse dans mes rêves
Je devine cette soif
Qui se dessine malgré elle.

Ce monde est trop petit
De temps en temps je me cache
D’autres horizons s’ouvrent à moi.
J’ai faim d’aventures et de soleil brûlant,
Demain existe,
Et les mots m’énervent.

Astrid

Une petite bulle, blop !
je bois tout mon saoul
je perds la boule et la boussole !
Ohé Loulou qu’est ce que tu boussoles ?
Sais-tu que dans les sous-sols se trouve la solution ?
Ca t’ossoule un coin, hein ? Petit explorateur du dimanche !
Une petite bulle, blop !
Je perds le Nord, et la folie m’aiguille vers le Sud
Ohé Loulou envole-toi, ne reste point frivole. File tous azimuts !
Pars à la découverte ! la découverte de quoi ?
Mais du lobe pardi, euh! du globe !
Je perds la boule et la boussole !
Si tu as compris le message, je te guiderai, j’ai
un bateau hein Loulou ? Espèce de vieux loup de mer !
Une petite bulle, blop ! Je perds la boule et la boussole

Adeline

Le tact
Qu’est ce que le tact ?
Savoir se taire quand on a envie de dire une grosse connerie

Toi
Toi est un mot qui se conjugue à tous les temps
Qui est entier, complet et toujours
Toi, c’est l’autre qui me ressemble
Tout en étant différent et tellement riche !
Toi, c’est surtout aujourd’hui et demain,
C’est un poème qui ne peut pas s’achever

Et ton visage !
Ton visage c’est l’aurore de demain
Ou le crépuscule du soir, ça dépend

Astrid

ATELIER du 19/10/2007

Inventaire du quotidien.
Trajet de ma porte au lycée.
Lecture de texte inventaire : Leslie Caplan, Georges Perec
Jacques Prévert. Consignes : c’est une suite d’endroits où on attend :
bus, bord de passage clouté, fenêtre, feu rouge, suite d’endroits
où on attend brièvement, quelques secondes, qui se répètent tous les jours,
il suffit de penser à ce qui revient régulièrement dans le quotidien au fil des jours.
Le retour à la ligne sera la seule ponctuation.
Aide à l’écriture. Feuille A3 divisée en neuf cases, un mot :
un arrêt par case, puis dans un réservoir d’images.
(Découpe d’images reproductions du catalogue du Louvre),
on pioche une image, on associe mot et image par une phrase.
Écrire un texte avec ces phrases, lire son texte.

Espérer

Espérer que demain s’approche, sans qu’hier s’éloigne.
Espérer que même murée dans le doute, je te distingue encore.
Je crois encore que nous n’avons pas épuisé toutes les richesses
Du hasard de cette rencontre, dont le charme m’émeut encore.

Oui encore, encore faudrait-il qu’ondule malgré moi
Ce vers que j’écris qui m’invite à croire, encore,
Qu’hier n’est pas effacé, qu’hier n’est pas oublié.
Oublier qu’immobile je n’ai su que faire, que dire.

Dire tout ce que je regrette, et tout ce qui me manque.
Un souvenir, léger, m’emporte quelquefois dans ce lieu familier
Qui renferme tant de choses qui m’ont touchée.
Toucher l’instant qui s’ouvre à moi avant qu’il ne se referme.

Refermer ce poème sur toi,
Trouver les mots qui te correspondraient.
Je ne sais pas.
Je n’ai jamais su.

Ce poème reste inachevé,
Et quelque chose en moi demeure creux,
S’approche du vide

Astrid

Mandarine
Dans le sirocco du chocolat
des épluchures, coupées à la serpe
auraient aimé regarder Walt Disney.
C’est alors que ma manière de les connaître
se mit non pas à les accepter, mais à les mépriser.
Non, loin de là.
Une orange avec un tablier
appelle son mari pour colmater ses fuites
Tout le temps qu’il s’en s’occupa son cil
se détacha se ses yeux
Rencontre !

Erwan

Ma main remonte prend le temps
se lève
il faut sortir prendre l’écart
et d’une chaleur sucrée sur ta peau
dire à tout à l’heure le temps qu’il fait sur ma main
avant de sortir à la rencontre
d’un écart entre chaleur et sucré
je me lève

si prêt que je sais l’ombre du visage
ta présence vient de l’écart sucré
en souvenir d’une attitude
d’un appui sur l’épaule droite
si près que je sens l’ombre de ton visage

le temps s’étourdit d’attendre
l’instant à vivre
je jetterai le dé et je saurai
comment faire avec l’absence

Philippe

Melliflu

J’écris notre histoire à l’encre étoilée. Je livre à ce parchemin
ailé mon âme clarteuse. Sa transparence est troublée
par ce souvenir amer d’une rencontre inachevée.
Ce souvenir fugace livré à ma plume a un goût brûlant d’éternité.
Ce langage aveugle, inventé au jour le jour, me parle, nous parle.
Mais il est inutile … Je pense, je suis, j’écris.
Et je jette un dernier regard aveugle en arrière,
vers ce qui est à venir.
La lumière de cette histoire se concrétise : elle est le trouble de mon imagination.

Coralie



Recueil réalisé par les élèves de l’atelier
d’écriture du lycée Lapicque
année 2007/2008
chaque vendredi de 16 à 18

Un grand merci à Madame Bosio
qui assure chaque année
la duplication du recueil

Contacts lycée
Véronique Bart : verobart@tele2.fr
Animateur d’atelier
Philippe Vallet : philippe.vallet@libertysurf .fr

JUBILATOIRE

Je prends mon bocal,
passe la main dedans
et y retrouve mes idées perdues.
Je regarde mon esprit s’agiter.

Rémi

Recueil des textes
Atelier d’écriture
Lycée Lapicque 2007/




textes du recueil JUBILATOIRE suite

22082008

ATELIER du 01/02/2008

Reconstituer un texte découpé dans un enveloppe, étaler puis recopier
tous les mots que je peux écrire avec « éloge de l’autre » puis écrire
un texte qui a pour titre « l’éloge de l’autre ».

main couleur
tourbillon chaleur
main lointaine et distante
dans le noir
main musique
dans la solitude glacée
cortège de tendresse
les notes transforment
sur le papier paroi
se pose un fa
un seul sol dégage le fa
la misère s’éparpille alors
petit à petit
la fenêtre file et disparaît

Véronique

ATELIER du 21/12/2007

si tu salues le soleil éternel
du rêve et de la charrette
à la bouteille tu échappes à l’odieux compartimentage
si tu résides à ton ancienne adresse
s’il n’y a pas d’état dangereux pour toi
échappe à la similitude d’une pensée douceur
l’univers est une coquille
sonnante qui efface la poussière de bleu tombée du ciel
se lève un robinet goutte à goutte d’un océan sans fond
un peuple de rideaux aux similitude tissées
échappées d’une turbulence venue
c’est là que je vis mémoire crispée
sur un prélude au silence
sur ta main gauche conjugué au passé
un rêve qui pianote
une voile qui salue le soleil
et sur la pointe frissonnante
une adresse qui ne sait plus où est la vie
en lumière discrète
comme les turbulences des rides profondes
c’est brutal
c’est poussières au chemin des loups
sur le sable

Philippe

Boueusement
tu salues le soleil entre deux univers
une poussière de bleu
que tu tiens dans ta main gauche
toujours du poivre
la prostitution de l’âme
dans les turbulences c’est là que je vis
le monde échappe à la similitude
brise le voile frissonnant
une lumière discrète dans l’océan sans froid
pense à la douceur
et le passe
il pointe du sang
du chemin des loups sur la sable
et sa coquille remplie de rides
profondes
la pluie de la vie
à notre ancienne adresse un pianotement
un robinet qui goutte
le prélude du silence
échappe à la similitude
au beffroi de ma glotte
le vin crispé de la mémoire

Rémi

Plutôt du type buveur d’eau
le ramasseur d’énigmes
une clef est sa demeure
au creux des livres
au pied des murailles
le rythme capricieux des flammes
change de costume
les dieux s’en vont
et le vent n’ose plus bouger
il se love dans de nouvelles larmes
les larmes en forme de cœur
énigmes du ramasseur
il scrute les nuages de sucre
et pense à la douceur
d’un soleil cristallisé
la terre ridée rêve d’un robinet qui goutte
l’oiseau en fuite au-delà des montagnes bleues
un bruit d’écailles languit
où vas-tu ramasseur de vie
où vas-tu tout est dit
si un baiser t’abat
tu veux vivre la bourrasque
fractures symphoniques
frissonnant exil
les galets des océans sans fond
balbutient tendrement
les sourires de l’herbe douce
effacent l’odieux compartimentage
d’un peuple d’étrangleurs
le ramasseur d’énigmes
ouvre les portes des états dangereux de soi
et égrène les arpéges orgueilleux

il cherche une terre amoureuse
où les regards sont dans la main
et tissent les fils de l’aube

Véronique

Des expressions avaient été notées sur un paper board. A partir de matériaux tirés
d’un amas de livres sur une table de Lapicque …

C’est brutal silhouette colorée à cause qu’on a Nous, jusqu’où ?
pour la peau pluie de vie l’oiseau bleu-vert déchirer la taie mais il y a un air de café
s’en aller, mais ce n’est guère ; ou croire chemin des loups croire s’en aller bouteille
voile pointe de sang. Tendrement, c’est vague, plume n’aboutit aller d’ombres, promesses
des couteaux pierre friable bruits joujou entre les soleils ramasseurs d’énigmes en même
temps fil à fil, rêve l’univers poussière bousculer bleu graine échapper au beffroi,
tout mot lu, de ma glotte qui goutte mémoire le bois ; terre ridée
« encore deux, trois minutes » pianoter, oiseau en fuite moustache colorée
charrette pique à bouteille. (mais pourquoi ces virgules) L’odieux compartimentage
sable chemin des loups s’en aller café au lait des couteaux encore, encore océans
cailloux turbulence frissonnante discrète bivouac ancienne laiteux
traboules brutal murailles je languis. Et si…

Servais

Pique ta graine,
Pianote sur l’odieux compartimentage,
A cause qu’on jubile, le monde m’échappe.
Je suis radieuse….
VLAN ! Un baiser m’abat.
Turbulence.
Au creux de mes livres, je languis.
Bleu-vert, jaune roux, frissonnante poussière,
Je suis tout à la fois.
Je ne suis rien qu’un oiseau en fuite,
Cette pluie de vie, ce n’est guère confortable…
C’est vague…

Camille

Essuie mon âme
ta main gauche garde la douceur
le pot remouillé de l’amour
entre des soleils cristallisés
creuse ses nids profonds
et le chemin des loups
s’échappe notre ancienne adresse
en turbulences
le vin de la mémoire
une pluie de vie goutte à goutte
la lumière pianote un prélude au silence
sur des océans sans fond
voile frissonnante
aux états dangereux de soi
échapper à la similitude

Véronique

Je languis au pied de mes murailles
c’est difficile, ça déborde
Plume Plouf tout s’envole
Nous, jusqu’où ?
Tel un noctambule qui titube parmi les traboules
je m’enfonce si je n’y prends garde !
Sans la moindre vergogne je voudrais tendrement
désencombrer les regards, prendre à la gueule
les mémoires crispées- ceux-là se donnent la becquée
retourner dans vos lits d’épines.
Moi, je guette les cailloux ? À propos de quoi ?
Je prostitue mon âme en tumulte et l’expose déchirée aux soleils cristallisés.
De chuchotis en gargouillis vous pensez tout savoir à la fois.
Mais à force, enfants gâtés, fruits pourris. À force de cultiver notre nombril,
il germera l’ennui ronronnant. Au beffroi de ma glotte je hurle.
Basculons nous ! Odieux compartimentage des idées,
un jour même le vent n’osera plus bouger.

Adeline

ATELIER du 14/12/2007

Vaincre la plage blanche déchirer la feuille en deux et aussitôt écrire
en suivant le bord déchiré tout ce qui vous passe par la tête,
regardez les petits détails de déchirure de très prés, écrivez mots et expressions
avec ces idées écrivez un texte sur une autre feuille en ajoutant
tout ce que vous voulez prenez une autre feuille faites un trou avec les doigts…
écrivez autour de ce trou tous les mots qui viennent avec ces mots un autre texte…
lire les deux textes entre ces deux textes, il y a comme une séparation,
… écrire les mots qui viennent de cette séparation des choses
entre ces deux textes avec ces mots écrivez un texte nouveau, à affich
er.

là brisé exactement vide en plus déchirure mots écrits. Plus de flot.
Manque de mots. Bon l’azur le courage au milieu de puisqu’en en étant absent
la tartine, la tartine, chère amie !
Plus d’aile. Aile frottée. Encore brisée dans le roulis de quel océan ? papier crêpon peau
de chagrin rubis
pour les cuivres barque blanche mer d’Aral air décontenancé fille à marier
Zébulon de pacotille
ravaudé de pâte brisée. Exactement le temps
le mouvement uniforme de ce qui fait semblant de couler
le frou-frou des ailes sous l’air du temps sans les lapis lazulis
Voilà bien en quoi les tiennes quelle esquisse méprisable
en vain et sans doute quelle mode cessera-t-il de suivre ? Quel festin de pierre,
de torchis et de colombage affaissé. Encore brisé. Mais jamais, jamais les rêves.
Tout et quelques fois.

Servais

impossible brisure qui s’abîme
Non pas d’alcool au Grenelle
Zébulon, encore lui, me le dit
Ce ne sera ni clientèle belle
En tube roulant qui se dédit
Que niera la demoiselle
Et qui ne dira que nenni
Enroulant la tonnelle
Des fleurs de pissenlit
Des serres de falcon en aîle
De vague cadonladi ;
Plus de silure et sans mât
Je ne pense plus à elle
qu’à celle-là qui luit.
Il ne me reste plus
d’orange écran de rage
de pissenlit rouge.
Et tant mieux
Même Sali. Ah çà
Je m’en dédis,
Quoiqu’en mêlant l’azur
…Tout reste ouvert
le néant au lasso
en rien ne me
serre l’oreille
au petit trou.

Servais

Elle traverse le brouillard
Armé de son existence toute entière
une vie de pacotille
son masque se dévoile
courage il faut fuir !
un torrent profond
une pluie de souvenir
elle attrape une goutte d’eau
l’odeur des gâteaux de son enfance
une deuxième
son aîné qui la quitte
une autre encore
son mari qui s’envole
le silence est hostile
mais la parole est humiliante
le passé persiste, mais s’efface
elle voulait posséder la vie
mais la vie ne se possède pas
elle lui échappe
elle plonge la musique n’est plus
pour elle que du bruit
et les lèvres du papier
elle plonge
c’est la fin

Cécile

effervescente la peau
le velu du velours
à la paume interrogative
la carte en relief
la recherche d’un secret
la peau
un continent reparaissant
le doux désir
le don d’un désert
sur la peau de la carte
et la main s’attarde
et réveille des trésors

Véronique

la lumière cabriole
entre les eaux
le poisson déchire l’ourlet de l’écume
mailles glissées
faille
écaillé du soleil dansant
délicatement
au bord du gravier blanc
des deux bords
lequel ?
pense le poisson volant

Véronique

moirés les mots à la mourante chandelle
nul ne les lira si la lune ne luit pas
la mer moulue pâte brisée s’étend au rouleau
les questions déambulent, bulles rouillées des silences
à fleur de peau silences vibratoires, étranges ellipses
les mains murmurent comme dansant
joyeux entrechocs à perte de phrases
fléchir les épaules le regard bleuit le soir
la mer repose à la fenêtre d’une nuit pulsatile.

Véronique

Je déchire l’inconnu, je tente d’y voir plus clair dans le brouillard épais.
Je tire les deux extrémités, une courbe formée de creux et de bosses apparaît,
elle est déformée par la rage. Cette violence extrême finit soudain
par l’arracher à la vie.

Rémi

Le ciel duveteux devient copeaux
déchirure, douleur atroce
quand l’orage ouvre le ciel
le vent dans sa horde trouble
les vagues cassées de manière abrupte
malice du temps
chimère du chaos
absurdité d’un virage
que la clarté reprenne
que le rêve d’un rassemblement
vous devienne réel- cruelle incertitude- drôlerie
que le hurlement du vent devienne silence
que règnent les murmures et le calme
sinon… soyez tous pendus

Adeline

Sur la ligne d’un partage
l’œil d’un horizon ouvert
plus loin un geste
plus rien, le vent
sur le revers du lieu
l’autre côté que tu coupes
si tu cours si vite
à l’envers configuration
plus loin la nouvelle
ouverture au revers du lieu
et le lien plus loin d’un geste

Philippe

Sinon
tu ne sais pas
que tu vas si
tu peux croire que tu
si peu que
encore là
pourquoi faire
note retirée
route renversée
tisse
manie unir enlace
prélasse
et s’entasse obsolète
encore une fois
encore là

Philippe

Atelier 7.12.2007

Rapprocher deux lexiques… visage et écriture, mise en page
Dicter les mots assez rapidement…. Écrire un texte avec cela.
Faire naître un personnage. Écrire en réponse avec le titre :
« enquête de voisinage ». Quels étaient vos rapports avec le défunt ?
Pourquoi vous faisait-il peur en compagnie, dans des lieux éclairés ?
Pourquoi ne lui demandiez- vous jamais l’heure ?
Pourquoi portait-il toujours sur lui un bout de craie jaune et une lampe de poche ?
Racontez le drame qui lui a coûté la vie, semble-t-il malgré vous.
Écriture comptée en temps…. Faire vite.

ses sourcils rendent impossible sa vue
pour se rattraper il a des oreilles décollées pour mieux entendre
d’un geste il balaie ses longs cheveux de couleur métallique,
coiffés en équerre sur son front plateau de service
ses joues sont comme si un aspirateur les avait aspirées par le haut
son nez ressemble à une cartouche de fusil à pompe calibre 12
le sourire est comme la plupart des programmes sur son ordinateur :
c’est-à-dire expiré mais pas renouvelé

Je ne l’aimais pas. Pour moi c’était une victime. C’est bête il faut
que je me rabatte sur quelqu’un d’autre. Je sens qu’il va me remarquer.
J’ai peur de sa tête. Je ne le regardais pas pour éviter de mourir de rire.
Mais dans un lieu très éclairé, c’est splendide, je suis ébloui et donc je peux
voir une tache blanche à la place de sa tête d’équerre.
Parce qu’il est manchot et que je suis suffisamment riche pour avoir une montre.
Je ne sais pas, je ne lui parlerai plus jamais, j’ai ma réputation à défendre.
Parce que c’est une victime qui veut passer pour un idiot. Sûr qu’il croit
que c’est avec une raie jaune qu’il veut faire fonctionner la lampe torche.
Alors je mettrai ma tête dans le micro -onde, il voulait faire fonctionner sa torche
avec la craie jaune comme quoi, les suppositions, ça rapporte et là,
il s’est fait renverser par un mouton qui sortait d’un trou noir
depuis ma cuisine avec une mob’ pourrie
et il a malencontreusement heurté la victime
le choc a fait un joli PAF ! et devinez quoi ?
ça a fait des choc à pics ( j’ai eu de super petit-déj après !)

Franck




textes du recueil JUBILATOIRE suite

22082008

ATELIER du 18/01/2008

Penser à « recette ». Écrire dans chaque case d’une feuille A3 pliée en neuf, un mot.
Picorer dans des livres des expressions. Écrire un texte par case.
Reprendre l’ensemble pour écrire un seul texte

Deuxième groupe : écouter prendre au vol des mots, expressions. Choisir deux mots.
Pôle idéel matériel.
Un texte … Choisir organiser … en un seul texte.

Ecrire comme en bloc opératoire. Chirurgie. Esthétique ? Tout doit être propre.
La page, blanche, bien sûr. La plume et l’encre. A droite de la page. Préférer
un éclairage intime mais assez vif. Que la lumière soit.
Sur qui ? Sur quoi exercer notre scalpel ? Dans quelles chairs discerner, découper,
exercer notre pouvoir ? Le seul qui nous reste, celui des mots ? Littérature blanche
sur page blanche, lettres soigneusement tracées. Scruter les entrailles du monde et
s’en repaître. Autopsie qui mènera sur le piédestal, le socle ou derrière la vitrine
des écrivains reconnus, patentés, à la mode, blouses bien blanches éclaboussées.
Mouroir des mots si d’autres ne tissent pas d’autres toiles, d’autres voiles :
grands brûlés, survivants, convalescents de nos tragédies, artistes non diplômés,
conteurs de rêves nomades, livres sans lèvres, sans prix .
Écrire à mains nues dehors, la nuit, partout , tout le temps, écrire dans sa tête,
sur ses mains , dans le cœur des humains, écrire et boire la pluie des mots,
n’avoir que nuage à la bouche et aux pieds .

Véronique

J’aime les mots faciles.
C’est bougrement sournois.
Monotype contre tous ensemble, monochrome face à l’arc-en-ciel,
monosyllabe et tant de mots à dévider.
Je suis las.
C’est louche ce bonheur mou.
Elle colle l’arôme de cette poésie.

C’est bougrement sournois.

Camille

Cascade de Mirage, un charivari anime cette guerre sournoise.
Un emmalinage se forme.
Un mélange impossible qui fait de mon crâne une colline renfrognée
où des outils en désordre se baladent.
Ou plutôt combattent.
Parfois.
Je t’aime à reculons
C’est tout
c’est un tout
Whaou !
Je découvre la tourbe du vent
quand tes lèvres
soufflent l’harmonie
sur le fil de ma pensée, un silex, silex, silex, silex…
ça me forme, comme disent les cuisiniers de la science
un crâne, insoluble sans doute.
L’épreuve de l’air c’est de découvrir la planation
qui me fera découvrir le goût du vent.
Sous la sueur d’un abricot se forme un noir intégral.
Mixage en lingot qui l’attire,
Mais ce n’est pas celui-ci que mon envie anime.
Ce n’est pas ce pacificateur d’âme- qui me fait découvrir
les innombrables minarets.
Se sentir rassuré de rien c’est le problème

Camille

ATELIER du 11/01/ 2008

Son prénom son nom. Séparer en groupe de sons, sous chaque son écrire le plus
de mots possible contenant le son. Écrire un texte avec cela qui commence
par « je » ou « tu ». Choisir un mot qui sera le titre. Lecture. Choisir un mot,
rapidement pôle idéel et matériel. Poser le mot en titre. Commencer un dialogue
que les autres poursuivront. Lecture
Ceux qui arrivent prennent quelques mots au vol de leur écoute.
Écrire un texte qui commence par « je crois » ou « je ne crois pas ». Lecture.
Écrire un texte qui reprend le plus possible d’adverbe de temps. Lecture.
Écrire un seul texte avec les deux.

Python sans nom
Fourmile à piston
Plic splache dip clapote
Piaf imbécile
Houle
Coule
Boule ma poule
Six pies
Pile piaf
Parachute sans chute
Abascule tout rond
Talon sans raison
Macaron
Rond bonbon
Mon ballon !
Mon balcon
Mon patron
Pire pirate pivert
Poussière

Cécile

Texte collectif :

La boîte

Ce que je suis
Ce que je crois être
Ce que je fais semblant d’être
C’est moi, c’est toi, c’est nous.
Un rien à l’infini
Un infini de rien
Un tout dans l’infini
Sans oublier l’infini sans tout
Je fais le tour de ce que tu es
Et ce que tu hais aime
Moi je te crois-toi !
Toi moi, multiplier à l’infini
Sur la haie de nos jardins
L’infini des détours, rien que l’infini
Toi moi un infini de petits riens
Être ce que tu es
Pour devenir ce que je suis
Moi toi à l’infini des riens
Fermons la boîte, ta boîte, on dit par chez nous.
La boîte : objet coincé entre deux infinis :
l’univers n’est qu’un assemblage de boîtes gigognes
Arrêtons les idées boiteuses.
Je m’emboîte et tu déboîtes. Je ne suis pas un moule
que tu peux imiter. Je suis maudit d’unicité.
Je suis la boîte et toi ma boîte
Tu es la boîte et moi ta boîte

Je
Je
je babille dans les barbelés de ma mémoire
rien à ébarber dans le débarras
le fatras des habillages
mémoire jolie mémoire dis-moi qui je suis ?
abares bulgares cathares
dans quelle Babel barbare ai-je débarqué ?
Je risque
à quérir
mic-mac des musique amnésiques
des nuages claquent cloquent
tac tac toc toc
oui ? je bloque
dans les flaques –flic –flac
plic-ploc il pleut sur ma mémoire
en lait
laque bien lisse sur mes loques
vide comme un sac chic

Véronique

Lycanthrope

Toi, l’homme-loup, pelu, voilu, poelu, velu, des crocs profonds de bête brute
grincent dans la nuit féroce. Trop pâle est l’enchantement.
Limite du réel es-tu là ? Il me suit.
Il pleut sur la magie. Je suis tombée dans son piège tel un piaf imbécile.
Tu n’arrives pas à me fuir ?
Tu n’arrives pas à te fuir ?
Mais serais-je toi ?
Mais serais-tu moi ?
Tu ne sais pas qui tu es
ni quand tu le deviens
N’oublie pas que la nuit arrive
Et que….
Oh non ! Il est trop tard
Toi l’homme-loup je te, je me caresse et les mains grincent de leurs griffes
sur la peau des étoiles, la lune se carapate entre les nuages ; l’enchantement trop pâle ?
Combien de temps ?
Je dévore avec délices cédant voluptueusement à l’appel de la sauvagerie.
Incantations de sang. Je te mange et te croque et te mâche et t’avale,
je te digère et me repais dans la forêt maintenant paisible avec les palmes.

Adeline

Ne…pas
Ne…pas
Je suis verrouillée. Admirable cavalcade d’interdit
Terrible toi-toi détesté
Angélique débandade des restrictions
Ouvre-toi ! crie l’esprit
Avant que la câline névrose s’en termine avec toi
Je rêve de mots libres et sans censure. Je ne veux pas d’idées de similitude.
Même l’Eden est trop fermé.
J’aime les idées du désir, celle de foncer droit devant, je ne suis pas une marmelade
qu’on enferme dans un pot.
Je veux pouvoir m’élever comme m’effondrer, être un ange ou une teigne,
mettre des beignes, des châtaignes, des marrons.
Je veux une myriade de possibilités.
Je veux lancer des grenades sur ce que j’ai construit pour pouvoir tout recommencer.
Je veux construire, reconstruire.
Il suffirait pourtant d’ouvrir la boîte…

Philippe

Délavé
tu tiens le palet délavé d’une valve ravalée
ton père la peste impaire au présent pesant
court à perdre haleine, éperdu, délité, sans galette ni filet
trop délétère le lycanthrope obsolète avec sa fibule fichée au milieu du nez
tu tiens le palet délavé d’une valve ravalée
et tu ne sais plus quoi faire de ton père
la peste impaire sur l’aiguille à filer
tu tisses et tu trouves tes songes de philanthrope
mais tu ne sais plus lire les galettes
laiteuses œufs mimolets de l’avenir
il n’est pas écrit aux carlets de tes filets
trop lâche le lisible ne veut pas se laisser lire
il te reste un palet délavé, trop usé et jouer à la marelle d’équinoxe
entre quatre écoles, quatre étoiles pour te distraire
et oublier les laves pâles du val des sources
oublier lettres lait et ravaler tes pas éperdus d’homme imbibé

Philippe

Verrouiller

Je crois que le livre est verrouillé, je n’ai pas trouvé la clef du secret, ni le code
qui ouvre la porte des mots, je me cogne au mur rouillé des idées à remodeler.
Qui cherche ne trouve pas ma clef. Les mots se donnent à qui ne cherche pas, car
le code n’existe que pour ceux qui se ferment. Se cogner cause des bosses.
Les idées ne sont pas de la pâte
à modeler. Laisse tes doigts tranquilles et attends que les mots cognent à ta porte.
Lier, délier, zusammensetzen
Je, dans un fatras illisible de talons sans raison
j’entends les mots les idées crier pourtant partout pullulent les esprits verrouillés
Il faut arrêter de chercher pour trouver
La vie ne se prévoit, elle se vit.
Choisir ta vie, comme tu choisis un mot.
Va tout droit tu verras bien !
N’oublie pas tout de même d’ouvrir les yeux parce que la route est pleine d’embûches
telles des portes, des serrures sans aucune clef que tu pourrais délivrer
je crois que le livre est verrouillé et le vent des vérités se refuse aux lignes-roc,
une énigme sous le vernis de l’encre un risque pour amnésique en querelle.

Philippe

Je crois que je…
Je…
Je suis liber…
Non ! Je ne crois pas être ce que je ne suis pas.
Aucune référence, les papillons de l’été dansent, la petite maison de poésie
auréolée, trop pâle, verrouille la ribambelle de souliers sortant de l’armoire.
J’ai mis ma tête sur mon chapeau, voluptueusement frêle, sans raison,
esquisse du poète, opacité du mot, soif d’orange, sève fondant l’eau noire de mon désir.
Turbulence.
Terre nue, petits riens qui font briller les prunelles.
Ça n’a plus de sens. D’où vient cette soudaine multiplication de l’ombre ?
Sur les toboggans du temps s’ouvrent de fugitives visions.
Tiens ta langue, c’est l’heure.

Hier je voulais ne plus croire aux papillons qui dansent l’été, à la folie, aux aquarelles
que dessine le bonheur, celles qui font briller les prunelles et réjouissent les cœurs.
Plus tard les rêves cendreux ont ressurgi de l’eau noire de mon désir.
Turbulence sur les toboggans du temps. Trop pâle, trop bien rangée,
la ribambelle de souliers sortant de l’armoire me semblait voluptueusement frêle.

Aujourd’hui, la couleur du monde est risible. J’ai mis ma tête sur mon chapeau,
tiré la langue au reflet du miroir…je…je ne crois pas être ce que je ne suis pas.
J’enferme le vide.
Plus de sons. Plus de sens. Qui s’en va où ?
Mes souvenirs continuent de sourire. Fiévreuse, pèle mêle, je me carapate.

Demain, tout sera vrai et bruyant. La petite maison du poète, terre nue,
ouvrira ses portes sur de fugitives visions.
Opaque, je regarde dans le temps. Mais en quelle vie ?
Camille

Je crois
Je croise et je décroise
je dépense et je panse
Mais je crois
Je déboîte et j’emboîte
J’ouvre et je recouvre
Mais comme je crois
Tout croît
J’enchante et je déchante
je respire et je soupire
Mais comme je crois, tout,
Je me lasse et j’en lasse
j’expose et j’explose
mais comme je crois
Tout croit comme moi.

Un train de retard sur le temps
Mais qu’est ce que le retard ?
Un magicien arrive toujours à l’heure
J’ai laissé le bout du monde filer
C’était hier. Ou avant-hier ?
Ou les deux
Quelle importance
Je me fiche du temps
Des jadis et des demains
dés à bientôt de juillet et de son copain août
Je n’en peux plus
Le temps m’exaspère
Et j’espère le temps
Ou les deux
Quelle importance ?
Je ne vis pas ma vie
Je la rêve !

Cécile

je crois que l’ombre est lumière que la terre est à l’envers
Je crois qu’un livre de grammaire aime les pique-niques
que les fleurs babillent entre elles, pour prendre le thé et
que même les silences aiment le tapage
Oui, Monsieur les anges sont des teignes
les baleines portent des tutus
et les carrousels peuvent aller en ligne droite
Oui, madame j’ai le droit de porter mes chaussures aux mains
et de préférer une grimace à un charmant sourire.
Et oui, je crois que tout cela a de l’importance

Adeline

aujourd’hui est le demain d’hier
hier est le demain d’avant hier
demain est le hier d’après demain
naguère est le demain d’autrefois
aujourd’hui est l’autrefois de dans cent ans
hier est le naguère d’aujourd’hui
plus tard est le demain de ceux qui ne
veulent pas donner de leur présent
plus tard, plus tard…
bientôt est le pain des amoureux qui n’ont pas de maintenant
avant est l’autrefois de tout de suite
demain est le maintenant mais en rêve seulement

Aujourd’hui est le demain d’hier
les asphodèles s’élancent hors des allées
hier est le demain d’avant-hier
les légos s’envolent des décombres affolés
demain est le hier d’après demain
une poussière grise reste dans la flaque
quand le soleil a bu toute l’eau
naguère est le demain d’autrefois
les galettes dorées sont amoureusement façonnées
par les doigts du temps
aujourd’hui est l’autrefois de dans cent ans
et hier est le naguère d’aujourd’hui
plus tard est le non-demain de ceux qui ne veulent pas
donner leur présent
plus tard plus tard

bientôt est le pain des amoureux qui n’ont pas de maintenant
je crois aux tremblement que les rires goulus et
folâtres agitent entre les gens qui s’aiment
Demain est maintenant mais en rêve seulement

Véronique

je crois le vent qui secoue le drapeau sur le grand mat dressé au centre de la cours
je crois le lumière en haut du bras de la machine qui creuse la nuit
je crois la silhouette dessinée noir sur nuit des branches que l’hiver a lavées
je crois le reflet des néons sur l’extérieur des vitres et la fenêtre fermée
je crois les lignes carrées d’une architecture sans saveur où on enferme le vide
je crois le voyage des nuages qui ne laisse pas de trace
je crois sous le galet en la mémoire de l’eau

Philippe




textes recueil JUBILATOIRE suite

22082008

ATELIER du 14/03/2008

Choisir une photo.
Écrire un portrait en commençant par « Jamais… ». Choisir deux images. Mettre un mot sur chacune et commencer le texte par « Mais d’où vient ce mot ». Reprendre tous ces éléments pour écrire un texte

C’est une histoire authentique, pas comme les autres, tombée depuis longtemps dans les vestiges de l’oubli.
Deux chercheurs de phrases, plongés dans une bulle de silence, suivent le miel des heures.
Les voyez -vous, laissant voler leurs plumes dans la douceur du printemps ?
Imaginez cette petite pelote de cœur rieuse, consolidée par la patience. C’est l’amour total pour l’énigme, le deuil solitaire du monde au profit de l’acte unique. C’est l’acceptation de rien.
Foutaise. Cet aboutissement ferait taire le plein de pluie. Ceci est un vent qui vient de l’avenir. Le poids des années courbe leur dos trop rond, trop éprouvé. Ca change tout. Ah la belle aventure ! Elle est bien loin des mains qui pleurent. Ici les vaches sont sales.

La lune souffle son duvet, la nuit rosit, le tourbillon du monde vagabondant disparaît des esprits solitaires.
C’était un amour plein de passion. Une histoire authentique.

Coralie

Poids sur la vie, sur les épaules,
Mélancolie et amertume, aube et crépuscule
Côté obscur, qui courbe l’échine
Impalpable et présent, verre brisé
Invisible à nos côtés
Le soleil s’obombre
La clef des champs est perdue
Secret inavouable,
Fardeau …

Jamais les barbes de lumière ne s’arrêtent de tomber dans le feu qui respire et alimente le foyer, il permet à l’homme aux moustaches blanches de créer les outils qui lui permettront de maîtriser la matière, par le geste de ses mains sans arrêt, il façonne d’éphémères bouts de bois que les tyrans utiliseront à leur grand bonheur pour s’envoler au firmament et accéder aux lueurs d’un bonheur vacillant.

Cyril T

Jamais ton regard levé vers le ciel
tes yeux cherchent la terre toujours
et roulent les pommes de terres
entre l’argile de tes mains
devant tes yeux
l’écran des verres
car à présent les champs sont flous
les sillons gris de tes cheveux
rouleaux jolis comme quand jeune fille
tu tenais déjà les pans de jute du sac raccommodé
léveras-tu ton nez ma belle ?
femme de terre au vent façonnée ?
oui belle et ronde dans ta blouse en coton fleuri
ronde comme la pomme de terre qui roule au fond du sac
un jour toi aussi dans la terre tu rentreras
pauvre graine dans le tournoiement des siècles
entre ciel et vallée

Véronique

ATELIER du 06/03/2008

Atelier expo Joël Couchouron. Cinq post-It cinq tableaux cinq textes micro
Une fenêtre dans une feuille. Piéger un fragment et le décrire minutieusement sur une feuille A3 et organiser composer choisir … faire naître un texte. Lire.

Seule au coin du feu
Tu es petite certes mais pas chétive
Tu es brave la vieille, tu la connais, toi, la vie
Tu n’en as pas peur
Lui, il aime les abeilles, le miel surtout
Chut ! C’est son trésor…. Tu les connais, hein ! les abeilles
tu arrives triomphant, ta ruche au bout du bras
ton visage crie « regarde ce que j’ai trouvé »
ton regard brille et tu poses comme la fois
où tu a péché ce poisson, si lourd… si lourd de tes efforts.
Regarde au loin, ils sont deux sous la lumière artificielle
Heureux, leurs vies ne sont pas encore derrière eux
Lui, il sourit, ému de partager ce repas avec
celle avec laquelle il a partagé sa vie…
Du pain et de la soupe, des chose simples.
Eh Toi ! Là-bas…
Pantalon de velours, mains rugueuses et chemise à carreaux
Celui-ci a un sourire ravageur, il avance courbé
sur le chemin, son chemin
il aime, il avance toujours, des trésors pleins les mains
Il y a de la chaleur dans le cœur dans les yeux.
Toi tu as des mains de matin. Tu ressembles au Père Noël qui fabrique des jouets
pots de terre… Des merveilles
Par la fenêtre, le ciel te regarde, il
t’admire, lui il ne sait même pas faire des pots en glaise.

Adeline

À bicyclette,
Il pleut des feuilles
C’est l’automne.
Les arbres sont vulgairement dénudés,
C’est l’automne
Qui chantonne
C’est le vent
C’est le froid
C’est l’automne
Habileté hautaine
D’une main fragile
Glissant sur l’argile
Qui file à une allure folle
Mains crispées
Mains égarées
Sur une terre persécutrice
Aux mille savanes
C’est l’hiver qui nous vient
Risque reconnu
Risque admiré
Risque aimé
La joie aux lèvres
Les abeilles bourdonnent
Mais ne piquent pas
Les abeilles chantent
Mais ne s’envolent pas
C’est le printemps
Promenades sur des sentiers piégés
Sur des chemins merveilleux
Où le monde s’oublie
Comme les soucis
Dans le sommeil
Vite !
C’est l’été qui s’enfuit…
Éventail de papier
Qui se déplie
Il se dévoile
Illusion d’infini travail
Tourbillon vagabondant sur le fil
La nuit se tricote
Fourmi
Si petite
Si forte
Aventure périssable
Illusion facile
La vie

Cécile




textes du recueil JUBILATOIRE 2007/2008

22082008

ATELIER du 09/05/08

Expansions successives : chacun écrit 5 mots l’un en -dessous de l’autre sur une page ; la feuille tourne : le voisin écrit un mot à droite de chaque mot ; le suivant écrit un mot à gauche du groupe de mots ; le suivant rédige une phrase avec chaque ligne : texte 1.
l’auteur écrit un texte quand il récupère sa feuille : texte 2.

Textes 1 :

J’aime le chocolat chaud qui fond dans ton sourire
Les célèbres nuages d’Epinal pas sages du tout au passage des sages
Résonnent violons de l’automne dans la brume expirante
Plouf, l’éponge absorbe mes larmes de plongeuse en hauts fonds
Tendrement un soleil de framboise ouvre les volets

Odeur de la terre batifolante au gré du vent
Choisissent tes yeux lumière ou bien ténèbres ?
Recoudre la cicatrice du cœur écorché
Grignotant un bourgeon sur le point de s’ouvrir au monde
Dans des seaux des saules pleureurs des blessures de l’hiver

Se dressent binette et râteau pour contrecouper les aventures de l’après-midi
Dans mes songes la brouette des nuages zigzague à travers le temps
Belle chouette endormie relève la tête
Chante galipette des heures la vie t’attend
Résonne trompette du matin il est l’heure

Gertrude la nervure éclatée devient levure
Le quotidien ronronne , sonne, bourdonne
Carole la casserole virevolte dans le vent, parole !
Un sourire figé, un sourire fixé sur ton visage
Un scoubidou d’où ? de Tombouctou .

Textes 2 :

Ton sourire
du tout
expirant
comme un plongeur
des fonds
de l’automne
résonne
tendrement
dans tes larmes
de framboise

Rémi

Ronron quotidien

Casserole dans le vent
Sourire fixé
Cœur à Tombouctou

Levure des paroles
Claquent les casseroles
Le quotidien bourdonne

Suivre la nervure
Gertrude devient
Sonne sonne le matin

Les fines nervures
Sur un visage
Vent de paroles
Vent

Doigts mains
Levure devient
Scoubidou d’où
Ce sourire monde
Le tien ?

Véronique

Insouciant.
Insouciant grignotant au gré du vent,
Un bourgeon.
Tu batifoles ! Il batifole.
Il ne fait rien, en fait.
Enfin si, tout !
Il grignote des morceaux de sa vie
Sur le point de s’ouvrir.
Il égalise les regrets,
Il les rase, il les ignore.
Insouciant…
Il va falloir choisir,
Choisir la lumière de tes yeux.
Il va falloir recoudre,
Il va falloir sentir.
Sentir l’odeur de la terre
Meurtrie par l’hiver.
Recoudre les cicatrices du monde.
Une brouette à la main,
Des flammes dans les yeux.
Insouciant.
Il va falloir se réveiller !

Cécile

Jeu proposé par Rémi et bricolé par les filles : on écrit une phrase, on laisse apparaître le dernier mot, le suivant continue.

Le chat lèche ses pattes expirant
Elle regarde la vie – sa vie- droit dans les yeux
Je ne vois rien de mieux que le bleu des cieux
Plus lourd
Est le soleil de Tombouctou
Plus sourd
Est le vent
Dans le soir qui tombe déjà devant
Tes volets
Une fenêtre ouverte sur le monde laissait s’échapper les mots .
Prenant le bus de ma vie je suis née
Pile poil à l’heure
Tic tac du cœur
Et vogue la galère
Les chemins du par cœur

Il faut les oublier
Les mots qui sonnent, résonnent
A toi
Maigrichonne. Une ombre peut-être
Une ombre à peine.
Elle n’était qu’une illusion
Une belle illusion
Illusions d’un jour, illusion d’un soir
Bonsoir !

ATELIER du 28.03.2008

Lecture. Prise de mots. Écrire un texte sur une bande étroite de papier verticale. Coller sur une feuille A4 et écrire, inclure, avant après un texte qui prend, englobe la bande étroite.

à l’intérieur de cette cage serpente et trébuche
en dehors l’illusion
se brise les reins à force de se débattre
la force
du mensonge rythme nos pas
son silence a la taille
de notre désarroi. Il s’évade
rien ne se révolte
jamais au fond de tout
au fond de rien
cette amertume
colle à la peau
sans cela
je serais seul. Le silence à peine marqué
Palpite ouvertement. Le fil flotte dans le temps
à travers les aires
le ciseau vagabonde
se referme en un instant
Clic-clac. Moment suspendu.
c’est la fin : le fil s’effiloche et se rompt
la cage se brise, le mensonge se détache silencieusement
Il
se répand sans l’ombre d’un désir
l’illusion s’efface
le mensonge ne s’est pas trompé de chemin,
nous sommes seuls
avec notre amertume
La vie s’obombre absurdement . Le bourgeon ne refleurira pas
rien, NON, rien de rien ne
recommencera le rythme se détache
jamais.
Chut ! silence. ?..

J’erre sur rien dans l’illusion
J’aimerais arpenter flotter dans l’irréel
je suis sur le point de commencer à refleurir
je rythme mon silence sans l’ombre d’un désert
je rebourgeonne, flotte en oiseau dans la dure réalité
sur l’arbre fleuri un rameau
et je commence à me détacher du brouillard
révolte toi depuis le vaisseau. Détruis tout sur ton
passage jusqu’à la cage. Évade-toi de tout
reproche, des branches t’observent de leur regard
muet. Commence à créer la délicatesse du monde
qui t’entoure et la porte des malheurs
des séparations, referme-la
Que s’ouvre celle de la poésie
et si rien ne change, il reste un
point de l’autre côté, la révolte, il reste la révolte
la cage n’est pas à la taille
de ton désarroi et l’illusion rend la vie trop absurde
de la porte de cette cage va
vers le rien, le rien mène à tout
au fond.

Philippe et Rémi

il avait cassé le rythme d’un jour abrupt
pour un silence à peine rêvé
sur les vitres marquées par la brise des mots fatigués
alors il écrit sur ton regard muet une supplique très ancienne
et, sans l’ombre d’un regard
il crut en son désir, demeure ouverte à l’inconnu
pour l’illusion d’être encore une fois
et pour comprendre ensemble il aurait beaucoup donné
et ne cessait de vouloir recommencer comme l’oiseau
il observe la vie qui dit pourquoi
et rebourgeonne, refleurit et reste à créer
comme si ouvrir les portes de sa cage donnait l’illusion
que tes mains sont grandes ouvertes et accueillent le
vent et tu crois mais tu flattes l’instant au rythme
des silences et l’idée que quelque porte ouverte
que quelque chose a besoin de toi plus que de
l’idée et que, ce quelque chose ne se révolte pas
que miroir et surface se brisent, absurdes mémoires en éclats
et s’entassent au fond de tout sur le point qui recommence

Véronique Philippe et Adeline




présentation du recueil : JU – BI – LA – TOI – RE

22082008

Recueil d’atelier
Lycée Lapicque 2007/2008

Cinq années.
Le lycée Louis Lapicque accueille pour la cinquième année un atelier d’écriture hebdomadaire.
Cette année encore, même surprise, ils sont là.
Certains participants viennent pour la troisième année.
Quelques uns arrivent, et l’atelier fonctionne, réjouissant.
Et l’écriture dévale les pentes du quotidien. Il déboule le vendredi en fin de journée et ouvre l’improbable qui se réalise. À chaque fois l’étonnement se renouvelle, ils sont là, volontaires et actifs, présents et sincères, sur les pages les crayons et leurs regards, ils sont attentifs et les mots envahissent l’espace et le groupe. Un groupe intelligent, à l’écoute et au partage, à l’échange et à la sincérité, participant et mobilisé. Ils proposent, ils additionnent les consignes et vivent la réalité d’une création collective. Sourires, regards échangés.
Cette année moins de participants mais plus d’assiduité pour ceux qui ont pris le temps de nous rejoindre et un mélange : élèves de secondes, de premières et de terminales, élèves de S qui côtoient ceux de L. Ils me préviennent quand ils sont absents. Étonnant et réellement porteur d’une convocation à préserver.

Comme les années précédentes ce recueil est le fruit d’un travail collectif. Lecture de l’ensemble des textes, choix individuel puis mise en commun, mise en page, duplication, reliure, ils ont participé à toutes les étapes de la création du livre de l’atelier, d’un livre.
Tout a été mis en discussion, le choix, les questions de ce choix, l’organisation des textes, le titre ; nos élèves ont été confrontés à l’édition, au travail d’un comité de sélection avec tous les aspects subjectifs qu’il faut assimiler pour parvenir à la réalisation concrète de ce travail.

Cinq années de présence, de fréquentation de l’écriture avec les élèves, cinq années de jubilation à chaque atelier, de travail et de recherche, expériences partagées, écritures renouvelées. Jubilatoire.
Et ce mot devient titre du recueil comme il a été présent à chaque atelier au-delà de nos rires, de nos connivences, de nos silences, de nos lectures.

A demain, en septembre et reprendre le chemin d’une langue qui ne dissimule rien de ce que nous sommes et si vous savez lire, vous découvrirez dans ces pages tout ce qui fait et constitue et réalise un écrivain.

Merci à toute l’équipe qui rend cela possible.

Philippe

Animateur d’atelier d’écriture

JU -- BI -- LA -- TOI -- RE cette année d’atelier d’écriture !

Chaque vendredi en fin d’après-midi on apprécie ce moment hors du temps : « rayon de soleil de la semaine », dit Rémi.

On sait qu’on est attendu, que l’animateur a préparé pour nous des lectures, des consignes d’écriture, des photos, des images, des enveloppes, des boîtes à mots, des livres …
On va quitter les contraintes quotidiennes, oublier la fatigue, on va écouter, feuilleter, découper, assembler, désassembler, laisser venir les mots, ou les chercher, oser des associations, triturer la langue, on va écrire, on va créer ensemble et découvrir.
On va aiguiser notre regard, apprécier les textes des autres, on va rire …

L’atelier est court, dense et les minutes filent dans l’urgence d’une création renouvelée.
Il faudra courir attraper le bus ou un autre cours …

J’aime participer à cet atelier, y trouver ma place en parité avec les autres.
Lieu où l’écriture est partagée, sans souci de jugement, de conformité aux normes.
J’aime y voir réinventer la langue, dans l’entrechoc des mots, dans la simplicité du geste créatif et confiant.

Véronique Bart

Professeur.
commande des texes
philippe.vallet@libertysurf.fr